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Gérer sa carrière professionnelle, c'est aussi avoir un "plan B"
[ Jack Salom - L'Agefi - 20.02.2006 ]
«Paradoxalement,
se préparer à un changement est aussi le
meilleur moyen de s’affirmer dans son entreprise »
Branches, entreprises, professions et
métiers sont en mutation. C'est le grand chambardement, qui
déstabilise, nourrit l’appréhension et
accroît la difficulté à piloter sa vie
professionnelle. Notre nouveau monde est celui de la
discontinuité, de l'instabilité et de la
complexité croissante. Mais, au-delà des craintes, il
permet aussi l'aventure, l'audace, la créativité et la
prise de risques. On l’a déjà beaucoup dit.
Malheureusement, certains n’ont toujours pas vraiment compris ce
renversement de valeurs, ni mesuré son ampleur. Et ne s’y
sont donc guère adaptés.
Que veut dire gérer sa carrière, aujourd’hui ?
C’est peut-être accepter de ne pas la gérer.
Dès lors, est-on totalement démuni ou existe-t-il une
parade ? Peut-on se contenter d’attendre que les
événements nous emportent ? Comment se prémunir
contre un choc éventuel ? Comment se préparer à
développer sa carrière dans d’autres directions ?
Longtemps, il y eu la fidélité à son employeur,
à sa voie professionnelle, programmée dès la fin
de ses études. On rejoignait une entreprise et celle-ci
gérait votre carrière jusqu'à la retraite. On
était ingénieur, comptable ou juriste. Et on le restait
toute sa vie. Aujourd’hui, ce confort - ou cette routine -
relève du passé. Changer d’employeur, voire de
métier, est souvent devenu une nécessité,
qui contribue, du reste, à renforcer son "capital"
professionnel.
Face au double défi de réussir sa carrière chez
son employeur, tout en envisageant et préparant une potentielle
étape suivante, l’adulte des temps nouveaux doit faire
preuve de vision stratégique et d’ouverture
d’esprit, mais aussi de réalisme. Ce "plan B" se
prépare à l’avance, avec soin et discrétion.
Cette préoccupation devrait être permanente,
omniprésente. En fait, elle devrait même être une
seconde nature car, sans solution de rechange, on reste
vulnérable, à la merci des circonstances
extérieures, comme tant de licenciements ou fusions
d’entreprises le confirment tous les jours.
Qu’est-ce qu’un "plan B" ? Le mieux est peut-être de
le considérer comme une carrière virtuelle
parallèle en gestation. On ne la vit donc pas comme celle du
quotidien, qui assure les revenus d’aujourd’hui. Mais on la
prépare, afin de mieux gérer les incertitudes du futur.
Elle implique de sérieuses réflexions, d’une part,
mais aussi des initiatives concrètes.
La phase d’analyse et de réflexion comprend
l’inventaire de tous les axes professionnels qu’un
salarié, cadre ou non, peut envisager en plus de celui
qu’il occupe normalement. Un tel inventaire mérite une
attention continue. La phase "initiatives de recherche", elle, est
celle des efforts réguliers de collecte d’informations,
notamment sur les entreprises intéressantes, et de
développement de son réseau de relations avec des
personnes qui, à l’avenir, pourraient être utiles.
A l’évidence, la lecture des offres d’emploi
publiées dans la presse fait partie du "plan B". Elle est certes
intéressante pour percevoir le type de profils
recherchés, découvrir des perspectives
insoupçonnées. Mais elle reste très insuffisante.
Car le "plan B", véritable Business Plan pour le futur,
doit aller plus loin et impliquer notamment des cours de formation
complémentaire, ainsi que la participation
régulière à des conférences et
séminaires permettant d’étendre son réseau
de contacts.
Celui qui entend avancer dans les meilleures conditions de
préparation et de sérénité dans sa vie
professionnelle, en ce 21ème siècle, doit s’appuyer
sur deux démarches, deux projets simultanés. L’un
bien réel, celui que l’on vit. L’autre, en
gestation, dans l’ombre, que l’on prépare pour
rebondir en cas de problème inattendu.
Paradoxalement, ne pas craindre d’envisager un changement
d’orientation et s’y préparer avec conviction est
peut-être, aussi, le meilleur moyen de s’affirmer dans son
entreprise actuelle. Et, donc, d’y progresser. En effet,
l’effort individuel exigé du "plan B" donne une assurance
personnelle et - par la formation complémentaire - une
maîtrise professionnelle qui réduisent d’autant les
mauvaises surprises possibles. Un vieil adage populaire le souligne
depuis longtemps : un homme averti en vaut deux.
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