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Chasseurs de têtes, info ou intox?
[ propos recueillis par Adélita Genoud - La Tribune - 18.08.2004 ]
Née au tournant des
années 60, la profession de chasseur de têtes ne jouit pas
d'une réputation sans tache. Au reste, les institutions
publiques, ont longtemps boudé les recruteurs de l'ombre. Et
puis, pris dans le vent des réformes et du modernisme, les
magistrats ont fini par céder aux chants des chercheurs de
perles rares. Spécialisé dans le conseil en ressources de
management, l'un des responsables de Denzler et Partners SA, Eric-Alain
Denzler livre sa recette.
- Les chasseurs de têtes ont eu leur heure de gloire, mais cette cote de popularité est un peu effritée?
- Notre profession ne jouit d'aucune protection. Aussi, nombreux sont
les amateurs, qui se contentent de faire jouer leur seul carnet
d'adresses.
- Vous êtes sollicité par les autorités publiques, quelle est la part de cet engagement?
- Il ne représente guère plus de 10% de nos
activités. J'ai le sentiment que l'employeur/Etat
préfère se tromper plusieurs fois de suite plutôt
que de recourir à nos services.
- Il n'empêche. Pour
sélectionner le manager efficace, il faut maîtriser son
domaine de compétence. Comment imaginer que vous puissiez
couvrir une multitude de secteurs d'activités?
- Les chasseurs de têtes performants ont une expérience
réelle des affaires. Ils sont généralement
universitaires. Ce sont là des critères de base. S'ils se
contentent de faire uniquement de l'intermédiation et des
simulacres d'interviews de candidats, c'est effectivement insuffisant.
Notre métier est d'aider l'employeur, chef de département
ou haut-fonctionnaire en l'occurrence, à dessiner très
précisément les contours du poste vacant. Nous constatons
parfois que la définition correspond à celle
prévalant trente ans plutôt.
- Un orateur hors pair doublé d'un as du marketing peut vous bluffer?
- Rarement. Nous demandons toujours au postulant de donner le nom d'une
référence. Nous pouvons ainsi vérifier que les
affirmations ne sont pas erronées. Il m'est arrivé de
sélectionner un candidat. Et au moment de la signature du
contrat ayant pris contact avec sa référence j'ai
constaté qu'il avait dissimulé des données
importantes. Il avait en l'occurrence offert des vacances à son
épouse aux frais de son entreprise.
- Les tarifs pratiqués par votre profession ne sont-ils pas dissuasifs?
- Ils sont variables en fonction de la complexité du poste. La
règle appliquée le plus fréquemment est celle du
tiers. En clair, nous prélevons un tiers du salaire annuel du
candidat. Cet honoraire est fixé à l'avance. On ne peut
ainsi pas nous accuser d'encourager les prétentions du candidat
pour faire enfler nos tarifs.
Nous ne sommes évidemment approchés que pour des emplois
de haut niveau, les rémunérations oscillent entre 200 000
et 600 000 francs <par an> et quelques fois au-delà.
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