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Faites-vous remarquer par un chasseur de têtes
[ propos recueillis par Giuseppe Melillo - L'Agefi - 05.12.2005 ]
Les cabinets de recrutement utilisent de plus en plus internet pour dénicher la perle rare.
AUTREFOIS, avec leurs carnets
d’adresses secrets et leurs réseaux occultes, les
chasseurs de têtes sentaient le souffre. Tempi passati.
Aujourd’hui, ces travailleurs de l’ombre
n’hésitent plus à écumer le net. Sur la
toile, le marché est devenu plus transparent. La plupart des
grandes entreprises affichent sur leur site les coordonnées de
leurs dirigeants. A la recherche de la perle rare, les cabinets de
recrutement épluchent les listes d’anciens
élèves des écoles d’ingénieurs ou de
MBA. Ils exploitent aussi les possibilités des moteurs de
recherche comme Google. Pour attirer leur attention, le principe est
donc simple: ne pas rester invisible.
Succès du marketing viral
Il n’est pas interdit par exemple de briller sur
différents forums spécialisés ou de tenir un blog
professionnel en ligne dans l’espoir de se faire remarquer par un
recruteur. «Il ne faut pas en faire trop non plus, sinon, vous
risquez d’être simplement mal vu, confiait au Journal du
Net le chasseur de tête François Humbolt, PDG
d’Humbolt- Grant-Alexander, l’un des dix grands cabinets
français de recrutement de cadres. Si la recherche sur le net
met en évidence des faits peu avouables, cela peut aussi vous
coûter cher. Vous pouvez alors créer une page personnelle
avec votre CV et tout faire pour qu’elle soit mieux
référencée.» Si le marketing viral se
démocratise et n’est plus réservé uniquement
aux entreprises, les candidats peuvent aussi plus classiquement
déposer leur CV sur les sites des chasseurs de tête.
«C’est pratique et cela nous permet d’écarter
les offres inadaptées, car il faut savoir que 80% des dossiers reçus par la poste ne correspondent pas au poste à repourvoir,
confie Eric-Alain Denzler, de Denzler et Parners à Nyon.
Actuellement, nous obtenons très vite des profils
intéressants en interrogeant notre base de données
contenant de 7000 à 8000 CV régulièrement tenus
à jour par les candidats eux-mêmes.»
Les petits détails qui font la différence
Preuve de cette efficacité, Denzler et Partners vient de vendre
le logiciel «Talents», créé pour ses propres
besoins, à la société Applic-8, prononcez
«applicate», à Nyon, qui le commercialise.
«Internet permet ainsi une recherche plus systématique des
bonnes cibles, affirme Eric-Alain Denzler. Cela augmente la proportion
de candidats potentiels parmi les 50 à 100 postulants par mandat
sur lesquels nous sélectionnons trois à cinq profils tout
au plus pour notre client.» C’est aussi par de petits
détailsque le Web facilite aussi le travail de recherche et de
contact des cabinets de recrutement. «Un exemple tout bête:
les candidats déménagent souvent, mais changent plus
rarement d’adresse e-mail; cela nous permet de les contacter
rapidement et en toute discrétion», analyse Eric-Alain
Denzler. A Genève, Bernardo Aronowicz, directeur de la
société B-Aron Conseils, spécialisée dans
le recrutement de cadres pour le monde bancaire et financier partage la
même opinion. «Grâce à l’e-mail, les
contacts avec le marché sont beaucoup plus rapides et la
durée du processus entre la décision de publier une
annonce et la réception d’un CV peut chuter de 10 jours
à 10 minutes», confie-t-il. Etre présent sur
internet a en outre un impact sur la visibilité, l’image
et le positionnement d’un recruteur. «Nous accédons
sur internet à un marché mondial, ajoute Bernardo
Aronowicz. Et les candidats, qui cernent aussi mieux nos domaines
d’intervention, viennent parfois de très loin.»
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