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L'avis d'un expert
[ propos recueillis par Julie Frejnick - Market.ch - Mai 2006 ]
Jack Salom est chasseur de
têtes chez Denzler et Partners, société de Conseil
en ressources de management basée à Nyon. Cet homme au
parcours professionnel des plus enviables nous donne son avis sur la
situation actuelle du marché de l’emploi en Suisse Romande.
Quelles sont les professions qui sont les plus « cotées » actuellement sur le marché suisse ?
Vraisemblablement, les professions de l’univers bancaire et
financier sont celles qui sont les mieux
rémunérées, si l’on parle de revenus
salariaux réguliers. Les professions de l’entrepreneurship
mènent également à la réussite et peuvent
être, sur la durée, plus rémunératrices,
mais le succès est loin d’être garanti.
Le secteur bancaire suisse est en recherche, et en manque permanents de
collaborateurs spécialisés en tout genre, des «
pros » qui soient des connaisseurs du nouveau banking, comme les
produits structurés, les dérivés, les fonds
alternatifs etc.
Quelles raisons expliquent la hausse des offres d’emplois pour ces professions ?
La croissance des offres d’emplois, visibles ou invisibles, est
probablement due à un certain nombre
d’éléments. Le premier peut être le
développement d’une branche ou d’un secteur, par
exemple les activités bancaires et financières en Suisse,
et plus spécialement dans l’univers du private banking.
Cela conduit à des besoins inassouvis et persistants de
spécialistes très pointus maîtrisant les aspects
les plus complexes de la finance moderne.
Il y a ensuite des domaines où des « pros » manquent
en permanence et depuis longtemps. On peut citer en exemple les
spécialistes en fusions et acquisitions ou encore ceux de la
fiscalité.
L’univers des « pharma, biotech et medtech », que
l’on appelle aujourd’hui « les sciences de la vie
» est également très demandeur de
spécialistes en tout genre. Le secteur du luxe, les grandes
marques mondiales et l’horlogerie suisse en particulier sont en
forte croissance. Cela est probablement dû à une
croissance de la prospérité en Occident, tout comme en
Orient. Enfin, les start-up ont elles aussi besoin de
spécialistes, non seulement techniques et scientifiques, mais
aussi financiers, commerciaux et marketing.
Jusqu’où les employeurs sont-ils prêts à aller pour obtenir les meilleurs éléments ?
C’est dans le secteur bancaire que le combat pour « les
meilleurs » est le plus féroce. Chaque « transfert
» d’un bon élément ou d’équipe
entière à un concurrent est un événement en
soi sur la place genevoise. Les combats sont moins durs et moins
visibles dans les entreprises conventionnelles, qu’elles soient
industrielles ou commerciales, des PME ou des multinationales.
Les multinationales ont une longue tradition, a peu près
maintenue, de développer en leur sein les talents dont elles
pensent avoir besoin demain. Cela les rend moins dépendantes du
monde extérieur. Néanmoins, les bouleversements
technologiques et politiques ont considérablement modifié
la donne et les ont rendues dépendantes de compétences
externes dans certains domaines. Les PME, elles, n’ont pas
toujours les moyens de mandater un vrai « chasseur de têtes
» pour aller chercher les meilleurs, et encore moins les
ressources financières pour les attirer.
Quels salaires les employeurs sont-ils prêts à payer pour les meilleurs ?
La rémunération globale pour aller chercher un
très bon élément peut aller jusqu'à une
augmentation de 50% de son revenu du moment. Le plus souvent on a
recours à des montages offrant des perspectives
financières plus avantageuses et fortement liées aux
résultats. Cet effort de créativité se
révèle assez souvent payant.
Le
phénomène est-il global ou seulement local ?
Débauche t-on les candidats en Europe ou encore aux Etats Unis ?
Le phénomène nous semble global. Il prend des formes et
couleurs différentes selon le pays, le continent ou la branche
et le secteur. De toute manière, le mot débauchage est
erroné. Le plus souvent ce sont les possibilités de
carrière et le développement personnel qui sont
déterminants.
La recherche de candidats « à l’étranger ou
ailleurs » n’a lieu que dans des situations où des
spécialistes particulièrement pointus sont introuvables
localement en suisse. Il arrive aussi, de plus en plus souvent, lors
d’une recherche, d’identifier des profils bien meilleurs et
moins chers a l’étranger. Ceci ressemble de plus en plus
à un signal d’alarme.
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