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Les non-dits du management
[ Jean-Luc Jolliet - PME Magazine - 01.09.2005 ]
De l'identification du vrai pouvoir
Pour gravir les échelons dans
une organisation ou une entreprise, il est indispensable de
connaître l'environnement dans lequel on évolue. Ce qui
signifie, notamment, avoir accès aux informations officieuses.
En clair, il s'agit de décoder le système et de naviguer
dans la structure de façon appropriée, dans
l'intérêt de chacun et, surtout, pour le bien de la
gestion de sa carrière.
Un principe à respecter
consiste à apprendre certaines règles non écrites.
Il y en a beaucoup. Elles découlent de la culture et de
l'histoire de l'entreprise. Ce sont des us et coutumes, des codes, des
habitudes qui régissent le fonctionnement de cette
dernière et qui sont véhiculés par les
collègues ou les parrains des nouveaux collaborateurs. Exemples:
le mode vestimentaire, la pause-café, les
références, les défauts ou les qualités du
supérieur ou du collaborateur, la notion du temps et des
délais, l'appellation préférée (nom,
prénom, surnom). Des règles qui permettent de ne pas
seulement naviguer à vue et peut-être, de se retrouver au
côté des gens qui comptent et qui possèdent le vrai
pouvoir. Même si ce ne sont pas toujours les personnes les plus
importantes, il est vital de les identifier. Leur influence
s'étend souvent au-delà de ce que l'on imagine. De plus,
leur statut s'explique toujours. Ce n'est qu'avec le temps et une
connaissance fine de l'organigramme que l'on comprend la raison de leur
position. Il peut s'agir aussi bien de décideurs, bien
sûr, mais aussi de consultants, de chauffeurs, d'assistantes,
voire de l'équipe d'entretien.
Autre point important:
reconnaître les favoris et s'en faire des amis. Chaque dirigeant
a son préféré. Il en va de la nature humaine. Et,
même si la position de favori n'est pas officiellement reconnue,
elle repose toujours sur quelque chose (empathie, compétences,
expérience, expertise, charisme, etc). Contre toute apparence,
être le chouchou se mérite et ne dépend pas que
d'un déballage de servilité, voire
d'obséquiosité. Il n'est donc pas inutile d'investir du
temps "à lire entre les lignes", à prêter une
oreille attentive aux vraies logiques de la vie de l'entreprise. Ce
type de connaissance constitue un bagage souvent plus important que les
écrits. Capter un non-dit vaut toutes les longues discussions.
La meilleure façon de se brancher sur ces réseaux
d'information inconsciente, consiste à se poser
régulièrement quelques questions: pourquoi cela
arrive-t-il? Ai-je manqué quelque chose? A qui profite la
situation? Puis-je aussi en bénéficier ? Comment?
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